9 Règles d’or pour gagner en bourse

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Il n’est pas nécessaire d’être fortuné pour investir en bourse. Beaucoup d’épargnants, jeunes et moins jeunes, peuvent en effet y faire leurs premiers pas avec des moyens limités soit par le biais de SICAV ou de fonds communs de placement à la portée de tout le monde, soit en participant à la vie d’un club d’investissement, véritable auto-école de la bourse. Même la constitution d’un portefeuille géré en direct n’exige pas une mise de départ importante (une somme de 1500 € peut suffire dans un premier

Mais le placement en actions ne s’improvise pas : il doit s’apprendre et demande de la patience. C’est une erreur de croire que l’on peut faire fructifier rapidement ses économies sans connaître ni les mécanismes du marché ni les règles élémentaires en matière d’analyse et de gestion, ni même les risques auxquelles on s’expose inévitablement. En ne comptant simplement que sur son flair, sur les recommandations et autres tuyaux hâtivement glanés dans la presse ou auprès de personnes qui ne sont pas forcément le mieux informées. Tout placement boursier sérieux nécessite du sang-froid, de la méthode et de la réflexion. Ils se jugent sur la durée, et non en fonction des aléas du marché. Même les gestionnaires les plus expérimentés se méfient toujours des aspirations hâtives.

1-Sélectionnez son intermédiaire financier
Pour pouvoir opérer en bourse, l’ouverture d’un compte titre auprès d’un intermédiaire est indispensable. Banques, établissements financiers, société de bourse, broc en ligne, la poste, caisses d’épargne, trésor public : les particuliers ont l’embarras du choix. Pour débuter, il ne sert à rien de se compliquer la tâche en faisant le tour de tous les établissements de la place, afin de comparer leurs tarifs sains et la qualité de leurs services.

Mieux vaut privilégier la facilité en restant en terrain de connaissance, c’est-à-dire en ouvrant un compte titres là où l’on dispose déjà d’un compte courant. D’autant que la plupart des banques ont désormais des filiales de courtage sur Internet qui permette de passer des ordres dans des conditions très attrayantes. Si le portefeuille grossit, il sera temps alors de faire jouer la concurrence et de penser à une gestions plus sophistiquées. Chaque chose en son temps.

2-Ne pas investir au-delà de ses moyens 
le principal attrait de la bourse réside dans les perspectives de plus-values qu’elle offre. Mais toute médaille a son revers : le placement boursier est fatalement aléatoire est beaucoup plus risqué que d’autres ; en cas de coup dur, il faut pouvoir tenir, sans s’affoler. L’argent investi dans des valeurs à revenu variable doit absolument provenir d’un surplus d’épargne, nullement nécessaire à la satisfaction d’un besoin précis à une échéance plus ou moins rapprochée. Certains boursiers inexpérimenté commet trop souvent l’erreur de jouer d’entrée de jeu une partie des ressources indispensables à leur train de vie quotidien, en pensant pouvoir se payer rapidement des extras.

En cas de mauvais choix, ils sont vite obligés de se serrer la ceinture. D’autres se lancent prématurément dans des opérations aventureuses, via le service de règlement différé (SRD) ou les produits dérivés (options, warrants), tout excité par la perspective de grosses plus-values pour une mise modeste. En oubliant que l’effet de levier sur lequel il compte fonctionnent dans les deux sens et peut donc se retourner à tout moment contre eux. La bourse n’est pas un casino mais un lieu où l’on place de l’argent pour le long terme. Les débutants qui agissent dans la précipitation en voulant faire des coups s’exposent au contraire aux pires désillusions et peuvent voir rapidement fondre l’argent du ménage. Au premier gros pépin, ils lâcheront prises sans avoir rien appris.

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3-Concentré ses efforts pour être efficace
Certes, “il ne peut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier”, comme le dit si bien le proverbe. Mais se disperser sur un trop grand nombre de valeurs à la fois, s’y rendre son portefeuille ingérable, c’est multiplié ici inutilement les frais de transaction et les droits de garde et diluer les chances de gain. Il vaut mieux avoir à surveiller de près une dizaine d’entreprises, en prenant soin de constituer, pour chacune des lignes un montant à peu près semblable : par exemple pour un capital investi de 15 000 €, 1500 € d’actions par affaire sélectionnée. Les risques seront ainsi équitablement répartis.

4-Savoir choisir
Sans doute est-ce là l’exercice le plus délicat. Car un particulier ne peut prétendre connaître parfaitement l’ensemble des sociétés cotées en Bourse. À moins d’avoir un tempérament de joueurs (spéculateurs), le bon sens commande de s’intéresser d’abord aux actions d’entreprises que l’on connaît le mieux et à celles dont les résultats sont les moins sensibles aux aléas de la conjoncture économique. Encore convient-il de ne pas les payer trop cher. Plusieurs critères d’appréciation permettent d’ailleurs de se forger une idée, certes subjective, du degré d’exposition aux risques, variable selon l’état du marché.

Les investisseurs doivent d’abord se soucier du montant des dividendes qu’ils sont susceptibles d’encaisser. Accorder de l’attention au rendement (rapport entre le montant du dividende distribué et le cours de l’action). Plus ce rendement se rapproche de celui des obligations à long terme, plus le cours sera solide. Mais attention ! Une valeur de rendement ne mérite cette étiquette que si le dividende n’est pas menacé. Il ne faut jamais oublier que, à la différence d’une obligation à taux fixe, une action est une valeur à revenu variable. Une entreprise qui distribue l’essentiel de ses bénéfices aura du mal à maintenir son dividende si ces résultats fléchissent. En revanche, les sociétés bien portantes qui mettent l’essentiel de leurs résultats en réserve ont beaucoup plus de latitude à augmenter régulièrement leur dividende.

Le deuxième critère le plus couramment utilisé est le PER (price earning ratio) ou rapport court bénéfice estimé par action. Les valeurs qui ont un PER sensiblement inférieur à la moyenne sont apparemment les plus attrayantes. À la condition toutefois que les bénéfices par action des sociétés concernées ne chutent pas brutalement. Il est donc indispensable de tenir compte des perspectives de résultats pour juger si une valeur est chère ou non. Le PER doit être manipulé avec beaucoup de précautions. D’autant que les estimations sur les profits des entreprises sont nécessairement aléatoires et même parfois d’une fiabilité douteuse lorsque la visibilité est réduite sur une affaire.

5-Diversifier les risques 
Un portefeuille d’actions ne doit pas être composé uniquement de valeur à la mode ou spéculative, sujettes à importantes variations, à la baisse comme à la hausse. Pas question non plus de concentrer ses choix sur les titres d’un seul secteur économique ou d’une seule zone géographique. Par souci de sécurité, il ne faut jamais renoncer à la sacro-sainte règle de la diversification sectorielle et internationale, qui ne doit cependant pas conduire à la dispersion ou au saupoudrage.

Il va de soi que toutes les entreprises n’ont pas la même capacité de résistance à un ralentissement de l’activité économique, voire à une récession. Par ailleurs, l’achat de titres étrangers libellés en devises réputées fortes ou susceptibles de s’apprécier face à l’euro permet de réduire le risque monétaire et même d’envisager des gains de change. En tout état de cause, il ne faut surtout pas à penser que diversification est synonyme de contre-performance. C’est en effet tout le contraire. Les performances des sicav ou des fonds communs de placement en actions, qui gère des centaines de millions d’euros répartis sur de multiples postes, en témoignent.

6-Être mobile
Aucun placement boursier n’est, par définition, immuable. Chaque valeur détenue en portefeuille exige une surveillance attentive. Les circonstances peuvent à tout moment imposé des arbitrages et, parfois, des décisions douloureuses. Parce que un tien vaut mieux que deux tu l’auras, il faut savoir prendre ses bénéfices. Inutile, en revanche, de s’enquêter sur un titre dont le cours ne cesse de baisser, en se disant qu’il rebondira bien un jour.

Beaucoup d’épargnants se sont ainsi ruinés en osant pas lâcher, dès leur première perte, leurs titres Eurotunnel par exemple, concessionnaire du tunnel sous la Manche. Ils se sont ainsi privés d’acheter à la place des valeurs plus performantes. Surtout, n’essayez pas de vous refaire en réalisant des moyennes à la baisse. Le c’est-à-dire acheté la même valeur un cours plus bas pour diminuer son prix de revient global. La plupart des sinistres en bourse et des déconfitures sont dues à ce système des moyennes à la baisse. On veut rattraper son argent ; au fur et à mesure qu’une valeur baisse, on en rachète : on veut améliorer ainsi son prix de revient, et l’on s’enfonce davantage. D’achat en achat, on arrive à posséder deux ou trois fois plus de la valeur qu’on n’en possédait avant de recourir à cette méthode des moyennes. Les investisseurs qui réussissent sont ceux qui savent se résoudre facilement à vendre.

7-Bien acheter
Il faut acheter au son du canon. Dans la mémoire collective de la communauté financière, ce proverbe est sans doute le plus ancien, le plus connu et le plus rentable. Mais, paradoxalement, on trouve peu d’investisseurs pour le mettre en pratique. Pourtant, son message est clair. Il faut acheter quand tout va mal (et vendre quand tout va bien). Pourquoi. Quand tout va mal, le pessimisme atteint son maximum. Les cours de bourse touchent en général leur plus bas niveau. À ce moment, le risque d’une nouvelle baisse devient donc très limité.

Mais, parallèlement les chances de voir le marché connaître un mouvement de hausse apparaissent très importantes. Par ailleurs, la volatilité des cours pouvant être très forte au cours d’une même séance, il est extrêmement dangereux de passer des ordres au prix du marché qui, comme par hasard sont souvent exécutés au plus haut niveau de la journée. Plutôt que de courir à tout prix après les titres que l’on convoite, il est préférable de se fixer une limite de cours à l’achat. Autres pièges à éviter : l’acquisition d’une valeur le même jour où l’entreprise émettrice publie de bons résultats financiers. Le marché les avait probablement anticipés, et il suffit que les chiffres annoncés soient inférieurs aux prévisions ou que les perspectives apparaissent plus sombres pour que le cours amorce un mouvement de baisse durable. À l’inverse, l’annonce de très mauvais résultats que crée une bonne occasion d’achat, si un redressement rapide des profits paraît crédible.

8-Bien vendre
En bourse, on a gagné de l’argent uniquement lorsque l’on avons dû. C’est une évidence. D’ailleurs, ce qu’on appelle la plus-value est bien la différence entre le prix de vente d’un titre et son prix d’achat. Il n’existe pas d’investisseur qui est fait fortune sur le marché avec des plus-values de papier. La seule chose qu’on puisse dire en faisant ses comptes et en évaluant son portefeuille c’est : si j’avais vendu mes titres aujourd’hui, voilà la somme dont je pourrais disposer.

Pour ne pas laisser passer sa chance, il est donc toujours utile de s’imposer, pour chaque valeur détenue en portefeuille, un plafond d’espérance de gain, variables selon que le comportement du marché est porteur ou non. Il faut aussi savoir profiter d’un soudain accès de fièvre à la hausse pour alléger ses positions. Ne pas vendre au plus haut n’a de toute façon jamais été honteux. Comme disait un certain Rothschild : nul n’est jamais mort pour avoir pris son bénéfice trop tôt.

9-Garder un volant de liquidités
Un portefeuille investi à 100 % manque nécessairement de souplesse. Il convient de disposer en permanence d’une marge de manoeuvre pour pouvoir saisir une opportunité sans être contraint de procéder à un arbitrage immédiat. Il est d’ailleurs simple de faire travailler temporairement ses liquidités dans des sicav ou des fonds communs de placement monétaire, qui, il est vrai, rapporte peu désormais mais ne présente en revanche aucun risque de perte en capital. En cas de tourmente boursière, être liquide, c’est à coup sur la meilleure manière de ne pas perdre d’argent. C’est aussi se donner les moyens d’aborder la période de hausse suivante avec le maximum d’atouts.

Franck Shumann

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Médecin congolais. Président d'un club d'investissement à la Bourse d'Abidjan. Auteur de Manuel Pratique pour Gagner à la Bourse des Valeurs de l'Uemoa

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