Chassé-croisé à la BRVM

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Décidément, ce n’est pas maintenant que la BRVM retrouvera la barre des 40 sociétés cotées. Alors que l’on se réjouissait de l’arrivée prochaine de Bank of Africa Burkina, on apprend le retrait de Sicor du marché boursier de l’Uemoa.

En octobre dernier, la filiale burkinabé du groupe Bank Of Africa (BOA BF) a mis en vente 100 000 actions pour porter son capital social de 6,3 milliards à 7 milliards FCFA. Ses actions devraient être échangées à la Bourse régionale des valeurs mobilières à partir du 30 décembre 2010. L’introduction en Bourse de BOA BF devrait porter à 39 le nombre de sociétés cotées à la BRVM. Malheureusement, nous risquons d’observer un chassé-croisé qui maintiendra inchangé le nombre de sociétés cotées.

boa bf

En effet, les actionnaires de la Société ivoirienne de coco râpé (Sicor) ont décidé de la retirer de la cote à Abidjan. La cinquantaine de personnes qui a participé à l’assemblée générale du 26 novembre 2010 a d’ailleurs compris les raisons invoquées par la direction de la Sicor, car la société se porte mal. Ses sites agricoles de Grand Lahou et de Jacqueville sont encore paralysés par des riverains, malgré les nombreux accords qui ont été trouvés. Le lobbying mené par ses principaux actionnaires, les deux frères Sayegh, reste infructueux. Ils disent avoir reçu des menaces de certaines personnalités politiques qui comptent récupérer leur entreprise. Pour faciliter les discussions, ils se sont retirés de la direction exécutive de l’entreprise et ont désigné Messieurs Inglese et Sow, respectivement président du conseil d’administration et directeur général.

Trituraf après la Sicor ?

En 2009, l’essentiel du chiffre d’affaires de Sicor est venu des exploitations de l’île Boulay et de Glike. Elle n’a réalisé que 1,143 milliard FCFA de ventes, bien loin des 3,265 milliards FCFA atteints en 2007. Cela a donné pour résultat une perte de 1,362 milliard FCFA en 2009 contre un bénéfice de 148 millions FCFA en 2007. Le résultat net de 281 millions FCFA, qui était vilipendé en 2004, semble bien préférable aujourd’hui. Hélas, aux yeux des frères Sayegh, les perspectives sont mauvaises sans une nouvelle recapitalisation, qu’ils veulent mener seuls, hors du marché.

Sicor s’est révélée une mauvaise affaire pour ceux qui y ont cru en 1998. Au début de la BRVM, en septembre 1998, l’action valait 18 900 FCFA. Elle s’est orientée progressivement à la baisse, à 3 695 FCFA neuf ans après, avant de revenir au cours actuel de 4 600 FCFA. Elle n’a plus payé de dividende depuis les 1 919 FCFA/ action de septembre 2000.

L’autre entreprise qui pourrait s’effacer prochainement de la cote est Trituraf. Le producteur d’huile de coton est mis en liquidation. Cela fait longtemps que le marché n’avait plus reçu d’information boursière sur cette société et c’est par la presse que l’on a appris la vente de son matériel technique en 2008. Les actionnaires de Trituraf ne devraient rien gagner dans cette liquidation, malgré le cours actuel de l’action estimé à 1 600 FCFA. En l’état, il faudra donc attendre d’autres introductions en Bourse pour voir le nombre de sociétés cotées augmenter et l’équipe de M. Gilet, le DG de la BRVM, devra redoubler d’efforts pour attirer les entreprises en Bourse…

Euclide Okolou pour Cote d’Ivoire Economie n°9 fevrier/mars 2011

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Médecin congolais. Président d'un club d'investissement à la Bourse d'Abidjan. Auteur de Manuel Pratique pour Gagner à la Bourse des Valeurs de l'Uemoa

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