Congo-Brazzaville: Les chauffeurs de taxis font la loi

J’ai trouvé une nouveauté en rentrant au Congo-Brazzaville en 2011. Vous êtes dans un taxi que vous avez pris en course. Sur la route, il prend un autre client qui va plus ou moins dans la même direction que vous. Il peut remplir son véhicule de clients de cette façon. Et vous qui espérez vous reposer pendant le voyage, vous vous retrouvez avec des covoyageurs imprévus et inconnus pour le même cout. A Pointe-Noire, la 2e ville du pays, ce phénomène est plus observé aux heures de pointe ou dans les quartiers à accès difficile. A Brazzaville, la situation est plus catastrophique au point que le client qui refuse cette escroquerie semble étrange aux yeux du chauffeur.

Les chauffeurs de taxi escroquent 2 fois les congolais
Les chauffeurs font la loi dans cet environnement. La raison qu’ils évoquent est la fréquence élevée des embouteillages sur les routes des grandes villes congolaises. Or cet alibi est déjà utilisé dans l’augmentation abusive du prix de la course qui est officiellement à 700 fcfa. En pratique, nous payons 1000 fcfa, et parfois 2500 fcfa lorsqu’on se rend dans les quartiers peripheriques. Les chauffeurs de taxi escroquent donc 2 fois les congolais. D’abord dans l’augmentation illégale du prix de la course et dans le jumelage des courses. Quand je pense qu’ils sont les premiers à raconter des histoires de disputes où un conjoint a cru que l’autre client resté dans le véhicule était l’amant de sa femme qui en descendait !!! Sur certaines lignes de 100-100 ou taxi-bus comme on les appelle au Congo, les chauffeurs prennent jusqu’à 6 clients dans des véhicules sensés n’en recevoir que 4 (2 passagers avant au lieu d’un seul et 4 passagers à l’arrière).

Les taxis de Brazzaville

Les taxis de Brazzaville

Les mairies, la police et la population doivent se mobiliser pour reprendre le dessus
Les médias en parlent. Les pouvoirs publics assistent, tandis que le phénomène s’enracine.

Les pontenegrins ont applaudi la police de Pointe-Noire qui a réussi à empecher (pour combien de temps ?) l’arrivée dans la ville du phénomène des « démi-terrains » actuellement en vogue à Brazzaville. Il s’agit d’une pratique illégale des bus qui ne font qu’une partie du trajet de leur ligne, conduisant le client à payer 3 ou 4 fois le prix officiel. La police de Pointe-Noire à mis en fourrière plusieurs bus et menacé les chargeurs pour décourager les chauffeurs.

Les mairies doivent renforcer le dispositif de transport public de leurs cités. Les congolais ont bien changé, ils étaient plus exigeants comme client lorsque j’étais plus jeune!

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Médecin congolais. Président d'un club d'investissement à la Bourse d'Abidjan. Auteur de Manuel Pratique pour Gagner à la Bourse des Valeurs de l'Uemoa

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