Dr Henri Leonard Atanda, l’universitaire dans l’âme

Au début des années 2000, Dr Henri Leonard Atanda fait un certificat médical pour un candidat à l’embauche chez un sous traitant du secteur pétrolier. Ce certificat est réfuté par l’Onemo (office national de l’emploi et de la main d’œuvre), qui lui répond qu’il n’y a que les drs Boyer, Guenin et Barjan qui font des certificats aux employés du secteur pétrolier.

Le pédiatre du centre médico-social de Total Congo ne l’entend pas ainsi. Il crée un mouvement avec d’autres collègues et voici neuf premiers médecins congolais autorisés à examiner et faire des certificats médicaux aux employés du secteur pétrolier. Ce mouvement a permis l’émergence de la « médecine et santé au travail » à Pointe-Noire.

Celui qui se présente comme étant le 4e pédiatre congolais à rentrer au pays après Ibata Raphael, Prosper Senga et Georges Moyen, a mené bien de combats dans sa vie professionnelle. Depuis son affectation à Pointe-Noire en 1988 pour remplacer le Dr Cardorelle au CMS d’Elf Congo, le natif de Boundji dans le département de la cuvette, a été à l’origine de la création d’au moins 6 sociétés savantes congolaises, dont celles de pédiatrie et de médecine du travail.

Dr Henri Leonard Atanda

Dr Henri Leonard Atanda

Ce qui l’a certainement aidé à entretenir la destinée universitaire qu’il envisageait aux cotés du Pr Georges Moyen, son ami et collègue à la faculté de médecine de Dakar. C’est ce dernier qui l’a encouragé à étudier la pédiatrie alors que notre « jeune homme » comme il l’appelle encore aujourd’hui se voyait gastro-enterologue.

L’éloignement géographique du Chu de Brazzaville n’a pas empêché au premier pédiatre de Pointe-Noire, d’y retourner pendant plusieurs années enseigner la pédiatrie préventive et sociale aux médecins en CES de pédiatrie et juger des mémoires. Il n’a pas hésité également à donner des cours aux infirmiers de Brazzaville et Pointe-Noire.

La cinquantaine de publications à son actif témoigne de son amour pour cette science qu’il exerce. Pas étonnant qu’il soit le seul docteur à ce jour à avoir présider l’association des pédiatres d’Afrique noire francophone, un poste où l’on voit généralement des professeurs agrégés. Combien de médecins pontenegrins voulant poursuivre leurs études à Dakar n’ont pas été surpris de se voir demander une recommandation du Dr Atanda ?

« Il est celui qui vous fait marrer avant la réunion, mais aussi celui qui dénoncera le plus les déviations de l’éthique médicale » nous dit un médecin qui a voulu rester anonyme. A 59 ans, le fondateur de la société médicale du Kouilou (un département au sud du Congo) craint pour sa profession. « J’ai peur pour cette génération. Chacun tire la couverture de son coté. C’est dangereux ! » Dit-il d’un air inquiet.

Il regrette qu’il y’ait pas d’engagements financiers des médecins pour faire vivre les structures mises en place pour promouvoir la formation continue. « Heureusement que nous avons des labos qui répondent aux sollicitations ! ». s’est-il exclamé.

A moins d’un an de la retraite, ce grand officier dans l’ordre du mérite congolais, se lancera bientôt dans les affaires à travers un cabinet d’expertise en médecine du travail. « Je fais des consultations de pédiatrie que sur rendez-vous maintenant, la médecine du travail est mon nouveau champ d’action» nous a-t-il confié.

E. Ibata

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Médecin congolais. Président d'un club d'investissement à la Bourse d'Abidjan. Auteur de Manuel Pratique pour Gagner à la Bourse des Valeurs de l'Uemoa

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