Ebola : un vaccin pour les chimpanzés à portée de main

Lefigaro.fr – Des expérimentations effectuées sur des singes en captivité pourraient aider à faire reculer la contamination importante des grands primates en Afrique.

On le sait peu, mais les primates payent un tribut plus lourd que l’homme aux virus Ebola. Gorilles et chimpanzés à l’état sauvage en particulier ont vu leurs populations fortement réduites par ces virus qui viennent s’ajouter à d’autres virus, respiratoires ceux-là, mais aussi aux autres menaces pesant sur ces singes (braconnage, chasse, réduction de la surface de leurs habitats, etc.).

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C’est ce constat qui a conduit une équipe de chercheurs américains et anglais à se demander si les essais de différents candidats vaccins contre la fièvre hémorragique Ebola chez l’homme, certains menés sur des singes, ne pourraient pas servir aussi à protéger les primates sauvages. Ils ont publié leurs résultats lundi dans les Comptes rendus de l’académie américaine des sciences (Pnas).

Pour tester cette hypothèse, les chercheurs ont utilisé, non le virus Ebola lui-même, mais ont extrait une partie de la «peau» du virus: une particule ressemblant au virus mais qui ne se multiplie pas. La souche choisie est celle dite «Zaïre», la plus virulente des 5 connues. Ils ont sélectionné 6 chimpanzés (poids moyen de 64 kg, âgés de 17 à 31 ans) qu’ils ont répartis en deux groupes, chacun d’eux comprenant deux femelles et un mâle.

Chaque groupe a reçu quatre injections espacées de deux formulations différentes du vaccin. Pendant tout ce temps, et bien après la première injection (jusqu’à 84 jours après), ils ont été soumis à des prises de sang afin de vérifier un grand nombre de constantes biologiques tout au long de l’expérience.

Résultat de cette partie de l’expérience, «le vaccin est sans risque et immunogène», écrivent les auteurs de l’étude. Donc en clair, pas d’effets secondaires et une bonne stimulation du système immunitaire qui produit des anticorps contre le «pseudo-virus». Ne pouvant risquer la vie de leurs singes, les scientifiques ont choisi de tester cette immunité chez des souris exposées au virus Ebola. Certaines ont reçu un sérum d’anticorps issus des chimpanzés vaccinés. D’autres non.

Les souris ayant reçu le sérum des singes ont eu un taux de survie de 30 % à 60 % supérieur (en fonction de la formulation du sérum) à celles qui n’avaient rien reçu. Conclusion, les chercheurs affirment qu’à moindre coût, un vaccin oral pour les primates est à portée de main.

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Médecin congolais. Président d'un club d'investissement à la Bourse d'Abidjan. Auteur de Manuel Pratique pour Gagner à la Bourse des Valeurs de l'Uemoa

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