L’éjaculation protégerait contre le cancer de la prostate. La masturbation aussi ?

Jennifer Rider et ses collègues chercheurs dans une université de Boston ont suivi 32 000 hommes de 20 à 29 ans et de 40 à 49 ans pendant 18 ans, entre 1992 et 2010. Ces hommes étaient invités à dire le nombre d’éjaculation qu’ils avaient eu chaque mois. Durant cette période, 3 839 cas de cancers de la prostate ont été diagnostiqués, dont 10% ont conduit au décès.

L’analyse a montré que les hommes qui ont éjaculé au moins 21 fois par mois ont un risque de cancer de la prostate réduit de 20%. Chez les 40-49 ans, cette réduction du risque de 20% est observée dès la limite de 13 éjaculations minimum par mois.

Sur le plan scientifique, cette étude ouvre la voie à d’autres qui devraient expliquer le mécanisme en vu de confirmer cette conclusion. C’est vrai que d’un autre coté, ces résultats dérangent sur la place des 20-29 ans dans la cohorte. Le cancer de la prostate étant plus fréquent chez ceux qui ont vécu en moyenne 60 printemps. Ce qui dérange un peu plus, ce sont les titres de la presse qui mentionnent « la masturbation prévient du cancer de la prostate » ou « masturbez-vous, c’est bon pour la santé ».

Ils ignorent les effets négatifs de la masturbation

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Cet encouragement de la masturbation fait suite aux discours des sexologues qui disent que la masturbation permet à l’adolescent de mieux connaitre son corps. Tous les bienfaits qui lui sont attribués chez l’adulte: Le plaisir et la détente, ne sont que ceux de l’éjaculation. En pratique, ceux qui se masturbent ne l’utilisent pas souvent pour apprendre à contrôler leur excitation. Au contraire, au moyen d’une image mentale ou réelle d’images pornographiques, ils se laissent aller à un plaisir solitaire pour se libérer d’une pulsion. La masturbation est la réponse facile à une envie de sexe parfois juste passagère, comme cela arrive à tout le monde. Progressivement, l’individu perd sa capacité à se maitriser et son cerveau se laisse aller à l’impatience, pendant que s’installe une addiction appelée masturbation compulsive.

Personne ne se masturbe en pensant à un bol de riz. C’est là que la pornographie entre en scène. L’individu se retrouve face à un binôme pernicieux susceptible d’entrainer des addictions aux conséquences graves tant pour sa maitrise de soi que pour sa vie sexuelle (si l’on n’aborde pas le volet spirituel).

Il s’emporte facilement vers « la priorité à mes intérêts » et la recherche d’une satisfaction immédiate. Heureusement, des sexologues reconnaissent que la porno-dépendance est susceptible d’entrainer des dysfonctions érectiles, de perturber la vie de couple. A force de regarder les images porno, l’on finit par devenir moins réactif sur “le terrain” selon certains témoignages. On a besoin de plus de stimulation de la partenaire.

L’autre bonne nouvelle est que la situation s’améliore progressivement lorsqu’on s’en éloigne.

La masturbation qui parait donc anodine à certains, a un effet pernicieux qui peut conduire à une forme compulsive destructrice. Dans notre société où « le sexe » est présent partout et les images faciles à visionner avec internet, le combat pour la délivrance est encore plus rude pour ceux qui ont décidé de s’en sortir. Alors ne dites pas « masturbez-vous, c’est bon pour la santé ».

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Médecin congolais. Président d'un club d'investissement à la Bourse d'Abidjan. Auteur de Manuel Pratique pour Gagner à la Bourse des Valeurs de l'Uemoa

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