L’évolution des cours à la BRVM en 2010

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Après les baisses alignées en 2008 et 2009 du fait de la crise financière, les indices boursiers de la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’Uemoa (BRVM) se sont ressaisis en 2010.

 L’exercice écoulé s’est avéré globalement positif au sein de la place financière d’Abidjan. L’indice BRVM 10 a repris 27,41%, à 182,96 points, alors que le BRVM Composite s’est contenté d’un gain de 20,48%, à 159,1 points. La capitalisation boursière du marché des actions a clôturé l’année à 3471 milliards FCFA contre 2807 milliards FCFA en 2009.

Le tableau des variations des cours des actions est moins rouge par rapport à l’an passé. Vingt titres ont vu leur cours terminer l’année en baisse contre trente douze mois plus tôt. Les baisses des indices sectoriels sont plus modérées. On ne note aucune baisse à deux chiffres. Les hausses sont plus étendues avec en tête les 103% pris par l’indice du secteur agriculture, suivi par les 22,81% gagnés par l’indice du secteur des services publics. Pas étonnant que trois des cinq plus grandes augmentations de l’année soient des entreprises du secteur « agriculture ».

Les bons résultats de Saph et Palmci

Au milieu des plantations de Palmci à Ehania, lors d'une visite organisée par la société, pour ses actionnaires le 03-12-2009

Au milieu des plantations de Palmci à Ehania, lors d’une visite organisée par la société, pour ses actionnaires le 03-12-2009

Saph, le planteur d’hévéa, a réalisé la meilleure performance annuelle avec un saut de 152,33%, à 27 000 FCFA. La filiale du groupe Sifca s’est entièrement remise de sa chute de 2009, profitant de l’envolée des cours du caoutchouc. L’action Saph retrouve sa surface d’évolution de 2008 où elle avait touché la barre de 40000 FCFA. Palmci, l’autre filiale de Sifca suit la Saph avec une performance de 96,97%, à 13975 FCFA. Elle a eu à s’échanger à 4950 FCFA avant de remonter jusqu’à 15000 FCFA. Certains pensent que l’émission obligataire de 15 milliards FCFA réalisée en cours d’année en vue d’augmenter ses capacités de production a rassuré le marché sur ses perspectives, surtout que le cours de l’huile de palme s’est bien comporté tout au long de l’année. Dans ce contexte, la troisième place occupée par SOGB sur ce podium paraît légitime. Le producteur d’hévéa et d’huile de palme a vu son action grimper de 55%, à 28 000 FCFA. L’action SOGB est talonnée par celles de Sicable (+42,99%) et de BOA Cote d’Ivoire (+30,43%), qui a rejoint la Bourse en début d’année.

Ceux qui ont acheté des Sonatel, des Ecobank ou des SGBCI en fin 2009 n’ont rien à regretter. Ces valeurs ont toutes gagné plus de 20%. La Sitab, qui a payé l’un des meilleurs dividendes cette année, effleure à peine la barre des 20%.

 

Le cas Shell Cote d’Ivoire

Parmi les entreprises cotées qui ont clôturé l’année dans le vert se trouve Shell Cote d’Ivoire. L’action Shell CI n’a gagné que 1,12%, rien à voir avec les 8,44% de Total CI, l’autre distributeur de carburant coté sur la place d’Abidjan. La particularité est que la courbe annuelle de l’action Shell CI a évolué en forme de V. Elle est partie de 17800 FCFA en début d’année pour descendre à 9500 FCFA à la mi-juin, avant de remonter rapidement pendant le dernier trimestre. Cette évolution a été favorisée d’abord par l’annonce de la cession à venir des activités aval de son actionnaire de référence dans le continent africain. Puis il y a eu le dividende qui s’est contracté de 25%, à 736 FCFA, conséquence des chiffres baissiers de 2009. Enfin, la croissance à trois chiffres (364%) de son résultat net au premier semestre a sonné la remontée du cours ces dernières semaines.

Les baisses de l’année

Sur la plage rouge des variations annuelles des cours, l’action Uniwax occupe le haut du podium avec sa chute de 48,61%, à 9 250 FCFA. Le marché de confection des pagnes du cinquantenaire de la Cote d’Ivoire n’a pas suffi à rassurer les investisseurs. La tendance baissière entamée depuis deux ans se poursuit lentement. Derrière Uniwax viennent Sivom, qui s’est contracté de 46,11%, CFAO, de 27,61%, et Sicor qui a perdu 26,40%.

On signalera aussi des baisses presque logiques du fait des incidents catastrophiques survenus en cours d’année. Nous pensons à la Compagnie ivoirienne d’électricité qui a dû procéder à des délestages pour servir sa clientèle. Son action a cédé 15,1%. L’action Bernabe Cote d’Ivoire – soutenue pendant un moment par le dividende record payé aux actionnaires malgré l’incendie qui a ravagé « 40% de son stock marchandise, 50% de son actif immobilisé » le 2 février 2010 – a fini par lâcher 13% de sa valeur.

Nous retiendrons qu’en 2010, il fallait surtout investir dans les banques et les entreprises agro-industrielles liées au caoutchouc et à l’huile de palme. Qu’en sera-t-il de 2011 ?

Euclide Okolou www.okibourse.com pour Cote d’Ivoire Economie n°9 fevrier/mars 2011

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Médecin congolais. Président d'un club d'investissement à la Bourse d'Abidjan. Auteur de Manuel Pratique pour Gagner à la Bourse des Valeurs de l'Uemoa

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