Loïc Mackosso d’Aries Investissements: « Il existe quelques PME suffisamment développées (au Congo) qui pourraient s’introduire en bourse »

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Le cabinet Roland Berger a publié dernièrement une étude sur le potentiel du marché financier d’Afrique centrale. Dans ce travail réalisé en partenariat avec la banque mondiale, Roland Berger a proposé la fusion des 2 bourses de cette sous-région (Douala et Libreville) et une plus grande implication des états pour accroitre les introductions d’entreprises en bourse.

C’est pour échanger sur ce rapport qu’un forum a été organisé à Malabo, en Guinée Equatoriale, les 24 et 25 février derniers. Il a réuni plusieurs institutionnels et des potentiels émetteurs du marché financier d’Afrique centrale. Loïc Mackosso, associé gérant chez Aries Investissement, était dans la délégation congolaise. Son  entreprise est spécialisée dans le conseil en montage et financement de projets. Il répond à nos questions.

Loïc Mackosso, associé-gérant chez Aries Investissements

Loïc Mackosso, associé-gérant chez Aries Investissements

1) La presse a parlé de division sur l’idée de fusionner les deux bourses d’Afrique centrale. Qu’en est-il finalement ?

Alors que le rapport du cabinet Roland Berger a clairement proposé la fusion des deux bourses d’Afrique centrale comme l’une des solutions au développement du marché financier, le Cameroun a clairement fait savoir que la zone Cemac regorgeait d’assez de ressources naturelles ainsi que de suffisamment de projets d’envergure pour alimenter deux bourses et que l’idée d’une fusion n’est pas opportune.

2) Pour vous qui avez participé à ce forum, qu’est ce que vous avez retenu de la position du Congo sur la question?

Le Congo n’a pas exprimé de position officielle à ce sujet. Ce d’autant plus que l’ordre du jour du forum portait sur la restitution de l’étude faite par le cabinet Roland Berger.

3) Pensez vous aussi que 2 bourses ne peuvent pas subsister en Afrique centrale ? Pourquoi ?

Le volume des transactions actuelles et la faiblesse des capitalisations boursières ne justifient pas l’existence de deux bourses dans la sous-région.

4) Quelles entreprises congolaises, pouvez-vous proposer pour une éventuelle introduction en bourse à l’état actuel?

Hormis les entreprises publiques telles que la SNPC ou la SNE (dans l’hypothèse d’une privatisation même partielle), Il existe quelques PME suffisamment développées qui pourraient s’introduire en bourse. Toutefois, n’ayant pas été mandaté, je ne suis pas en mesure de donner des noms.

5) Quelles sont vos propositions pour faire bouger le marché financier d’Afrique centrale ?

Pour faire bouger le marché financier d’Afrique centrale, il importe de diffuser une culture financière au sein de la communauté économique et financière. C’est la raison pour laquelle, nous avons pris l’initiative d’organiser au niveau d’ARIES Investissements:

  • un atelier sur les financements innovants au cours duquel nous avons fait un développement sur l’Appel Public à l’Epargne;
  • un séminaire sur la pratique des marchés financiers et les mécanismes de bourse.

Par ailleurs, le développement du marché financier est conditionné par l’émergence d’un secteur privé fort animé par des champions nationaux. Chez ARIES Investissements nous faisons la promotion des financements innovants en travaillant notamment sur un projet de fonds d’investissement. Un fonds d’investissements,  outre les ressources financières apporte également une expertise en termes de gouvernance, de process technique…à même de rendre l’entreprise profitable. Ce n’est qu’une fois cette étape franchie que l’entreprise peut envisager d’aller sur le marché financier.

Propos recueillis par Euclide Okolou

La délégation congolaise à Malabo

La délégation congolaise à Malabo

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Médecin congolais. Président d'un club d'investissement à la Bourse d'Abidjan. Auteur de Manuel Pratique pour Gagner à la Bourse des Valeurs de l'Uemoa

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