Quarté gagnant à la BRVM ?

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Le mois de mai 2010 a été bien mouvementé sur le marché obligataire de la Bourse des valeurs mobilières de l’Uemoa (BRVM). Les investisseurs ont eu le choix entre quatre émissions obligataires émanant du Port autonome d’Abidjan, du Port autonome de Dakar, du Trésor public de Côte d’Ivoire et de Palmci.

 Quatre émetteurs différents ont déjà fait appel à l’épargne sur le marché obligataire de l’Uemoa. L’an passé, c’est essentiellement le Trésor public ivoirien et le groupe Bank Of Africa à travers ses six filiales bancaires de la région qui l’avaient fait. Le succès de ces opérations a dû donner des idées à plus d’un manager. D’autant que se financer par un emprunt obligataire est plus rentable qu’un crédit à la banque. Les dirigeants de Palmci ont estimé à 8,41% par an le coût de leur emprunt obligataire, là où la Banque ouest-africaine de développement (Boad) leur a réclamé 9% par an pour un prêt de seulement 7 milliards FCFA sur la même période.

Il est vrai que le taux d’intérêt tient compte aussi de la solvabilité financière de l’émetteur. Ainsi, plus l’emprunteur est solvable, plus il peut attirer des capitaux avec de faibles taux d’intérêt. C’est l’effet recherché avec l’instauration, il y’a quelques mois, de la notation financière sur le marché boursier de l’Uemoa. Elle permettra aux entreprises bien notées de lever des fonds en proposant de faibles taux tout en économisant sur les frais de garantie financière. Les majors comme la Boad ou la Société financière internationale (SFI) profitent de ces avantages.

Malheureusement, certains financiers, trop suspicieux, émettent déjà des réserves sur le crédit à accorder aux futures agences de notation et la crédibilité de leur rating, eu égard à la corruption endémique dans nos pays. Ce procès d’intention n’a pas lieu d’être, vu que le marché se corrige toujours, quel que soit le temps ou la duperie.

Les émissions obligataires à la loupe

L’on peut, par contre, se demander s’il était opportun de lancer autant de souscriptions au même moment, considérant la taille de notre marché. Le Port autonome d’Abidjan et le Trésor public ivoirien, deux structures de l’Etat ivoirien, n’ont pas pu trouver de terrain d’entente sur un décalage de leurs opérations. En attendant un bilan des souscriptions, voici un rappel de leurs caractéristiques.

arton54331Le Port Autonome d’Abidjan a émis 2,5 millions d’obligations de 10 000 FCFA l’unité, à un taux d’intérêt nominal de 6,95% brut par an. Les souscriptions au PAA 6,95% 2010- 2017 se sont déroulées entre le 21 avril et le 22 mai 2010. L’emprunt arrangé par Atlantique Finance, une filiale du groupe Banque Atlantique, est garanti en capital et intérêts par la Boad (60%) et la BIDC (40%). L’intérêt et le capital seront payés semestriellement, avec un différé de deux ans pour le dernier. L’argent récolté servira principalement à la construction d’un centre de traitement de déchets liquides et des entrepôts frigorifiques. Il permettra également à l’entreprise dirigée par M. Marcel Gossio d’acquérir du matériel de dragage, une barge pour le soutage et des wagons qui seront loués à la Sitarail.

– L’Etat ivoirien à travers le trésor ivoirien initie chaque année depuis maintenant dix ans des émissions obligataires. Les trois dernières années, il a levé 220,2 milliards FCFA, avec toujours plus de 100% de souscriptions. L’opération de cette année, TPCI 6,25% 2010-2013 concerne 60 milliards FCFA au prix de souscription inhabituel de 9 800 FCFA l’obligation. Elle a été arrangée par BIAO Finances. L’intérêt sera payé chaque année et le capital à la fin de la période en novembre 2013. Les capitaux levés serviront à financer le fonctionnement de l’Etat.

– Palmci aurait dû être le premier émetteur d’obligations cette année, son opération ayant reçu l’agrément du Conseil régional avant celle des autres. Depuis 2009, elle a entamé un programme triennal d’investissement d’un montant total de 55 milliards FCFA qui lui permettra d’augmenter ses capacités de production. Les 15 milliards recherchés par l’emprunt obligataire Palmci 7% 2009-2010 participeront à la réalisation de ce programme. L’intérêt et le capital seront payés chaque semestre, avec un différé de deux ans pour le capital. L’opération arrangée par SGI-Togo est garantie par le groupe Sifca (46,67%), la BIDC (33,3%) et le fonds Gari (20%).

– Le Port autonome de Dakar vient pour la seconde fois faire un appel public à l’épargne par une émission obligataire. L’emprunt obligataire Pad 7% 2010-2017 permettra au deuxième port de l’Uemoa, après celui d’Abidjan, de réhabiliter son wharf pétrolier et d’approfondir son chenal d’accès extérieur. Le PAD prévoit rembourser les 10 milliards recherchés semestriellement avec trois ans de différé pour le capital. La Boad s’est portée garant de l’opération arrangée par CGF Bourse.

Euclide Okolou de www.okibourse.com pour Cote d’Ivoire economie n°4 – juillet 2010

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Médecin congolais. Président d'un club d'investissement à la Bourse d'Abidjan. Auteur de Manuel Pratique pour Gagner à la Bourse des Valeurs de l'Uemoa

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