Une sage femme agressée à l’hôpital militaire de Pointe-Noire

Il est environ 18h 30 ce samedi 29 mars. On entend des pleurs venir de la maternité de l’hôpital militaire de Pointe-Noire. Une femme enceinte vient de décéder. Elle s’appelait Imbombo Ange, elle avait 24 ans.

Puis les pleurs se mélangent à la colère. Les parents disent que la négligence du corps médical a tué leur fille. Les médecins auraient préféré rentrer chez eux au lieu de l’opérer et que la sage femme aurait minimisé ses plaintes. On entendait une parente dire en pleurant « je t’ai appelé viens voir ma fille, tu as dit que ça va passer. Maintenant qu’est ce qui est passé? Dis-moi qu’est ce qui est passé ? »

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Alors que le médecin de garde se trouve dans la salle pour constater le décès, le mari de la défunte fonce sur la sage femme et lui flanque une rafale de gifles avant que les gens viennent s’interposer et le sortir du bâtiment. De l’extérieur, il casse 3 vitres de la fenêtre où se trouvait la sage femme. Les autres parents le calment tout en menaçant l’équipe médicale.

La sécurité de l’hôpital réussit à disperser les gens juste avant que n’arrive une quinzaine d’éléments de la police militaire, le directeur de cabinet du commandant de zone,  le directeur par intérim de l’hôpital et deux gynécologues qui avaient quitté l’hôpital moins d’une heure avant l’incident.  « Avec les embouteillages de Pointe-Noire, c’est sûr qu’ils n’étaient pas encore arrivés chez eux » nous dit un employé de l’hôpital.  

Selon nos sources, ils auraient expliqué à leur hiérarchie que la patiente a été vue 2 heures avant le décès et qu’elle n’a pas été opérée parce que l’enfant était déjà décédé dans son ventre. C’est pour cela que le traitement avait été modifié en début d’après midi. “L’idéal est qu’une autopsie soit faite pour éclaircir les gens sur la cause du décès” a dit quelqu’un parmi les nombreux spectateurs de la scène.

L’armée aurait insisté pour que les vitres cassées soient remboursées, tout en expliquant que la famille a le droit de porter plainte en justice si elle estime l’hôpital fautif mais n’a pas le droit de troubler l’ordre public ou d’agresser le personnel soignant. La sage femme agressée aurait décidé de ne pas porter plainte.

Rehoboth Morandzambe

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Médecin congolais. Président d'un club d'investissement à la Bourse d'Abidjan. Auteur de Manuel Pratique pour Gagner à la Bourse des Valeurs de l'Uemoa

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