Les vérités qui sont sorties à l’AG des actionnaires de Sonatel

Il se dit que les débats étaient houleux à l’assemblée générale des actionnaires de la Sonatel. Les actionnaires minoritaires ont saisi l’occasion de tirer à vu sur les responsables de l’opérateur historique de télécom au Sénégal, aujourd’hui détenu à 42% par France Télécom (Orange) et à 27% par l’état sénégalais. 

La drible sierra léonaise

On a ainsi appris que Sonatel avait déjà obtenu l’accord formel du président sierra leonais pour obtenir une licence d’exploitation en Sierra Leone, comme elle l’a fait au Mali et en Guinée Conakry. Le directeur général se serait retrouvé seul dans ce projet, sans le soutien du conseil d’administration. Même le soutien du président sénégalais n’a pas suffit. C’est après que France Telecom ait décidé d’acheter la licence sierra léonaise d’Airtel, que Sonatel a été «quasiment forcée » de devenir partenaire, alors qu’elle avait déjà sa propre licence à portée de main.

Est-ce que c’est plus économique et rentable pour Sonatel d’intervenir en Sierra Leone comme un partenaire de France Telecom (ayant racheté Airtel) ou comme actionnaire de référence de la même façon qu’il agit au Mali (70% d’Orange Mali) ou en Guinée Bissau (90% d’Orange Bissau) ?

Thierry Breton, administrateur à la Sonatel

Thierry Breton, administrateur à la Sonatel

L’embarras de Thierry Breton

Certains actionnaires ont « bousculé » Thierry Breton, ancien ministre français des finances et aujourd’hui membre du conseil d’administration de Sonatel. Ils ont critiqué les marchés obtenus « facilement » par Atos, l’entreprise dont il est le Pdg. Certains sénégalais apprécient le plan d’externalisation de la maintenance du réseau de Sonatel comme une manœuvre de colonialisme. Il semble que sa direction ne communique pas suffisamment dessus, pour expliquer la réduction éventuelle des coûts que cela représente. Dans la presse, on ne voit que des articles d’opposants à la manœuvre.

Notons que l’acte uniforme de l’Ohada, prévoit dans ses articles 438 à 448 qu’un administrateur peut directement ou indirectement à travers une société à laquelle il est lié, avoir un partenariat dit « convention réglementée » avec l’entreprise.

Si les choses continuent ainsi, Orange risque de perdre le Sénégal ou l’inverse. Le groupe Sonatel représente un tel morceau qu’on ne le lâche pas sans avoir tiré le plus de jus possible.

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Médecin congolais. Président d'un club d'investissement à la Bourse d'Abidjan. Auteur de Manuel Pratique pour Gagner à la Bourse des Valeurs de l'Uemoa

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